jeudi 22 avril 2010

1922: Battling Siki triomphe de Georges Carpentier...

http://www.phylactu.fr/couvertures/Championze_01.jpg



Champion du monde à 25 ans, Battling Siki ("rusé" en wolof) fut le premier africain à remporter un titre mondial de boxe. Jusqu'à récemment, il fut pourtant largement oublié en France...


Ce parcours exceptionnel, contrarié par le racisme bonasse de l'entre-deux-guerre, est à découvrir sur Samarra.

dimanche 18 avril 2010

Les tirailleurs sénégalais dans la chanson coloniale.

Avec l'appel aux troupes coloniales, notamment aux tirailleurs sénégalais, la grande guerre constitue un tournant. Elle permet aux métropolitains de découvrir et donc de mieux connaître les populations des colonies venues servir la patrie. Leur présence prolongée en Europe modifie l'image des Noirs.
Une fois la surprise de la découverte de ces individus à la peau sombre, les Français découvrent des hommes, très différents des "sauvages" exhibés et mis en scène dans les expositions coloniales ou décrits dans la presse.

Tirailleurs sénégalais, retour du front. Peinture, 1915.

Si la connaissance de l'autre progresse incontestablement avec la venue des troupes noires en métropole, le paternalisme reste toutefois omniprésent. Le caractère primitif s'atténue et l'image du grand enfant redevient prégnante, celle du bon nègre doux, sociable, naïf et rigolard. Marc Michel écrit: " la représentation très négative du noir sauvage, étrange, barbare, s'ajouta, plus que ne se substitua, une autre image, celle nu Noir "bouffeur de Boches, mais "grand enfant " et "brave tirailleur à la chéchia."

La chanson contribue à véhiculer ces représentations. Les populations noires sont ré- humanisées, mais toujours dans une perspective raciale et infériorisante. Les stéréotypes abondent dans la plupart des morceaux évoquant les troupes indigènes, notamment ceux consacrés à la force noire, qui fascine tout particulièrement. Une chanson coloniale créée en 1913 l'illustre parfaitement: Bou Dou Ba Da Bouh, interprétée par Félix Mayol.

Nous vous en parlons plus largement sur l'histgeobox.

lundi 12 avril 2010

Marc Michel: "Fachoda" et "Essai sur la colonisation positive".

Sur Samarra, nous nous intéressons aux deux derniers ouvrages de marc Michel, historien spécialiste de la colonisation.


- Dans "Fachoda, guerre sur le Nil", sorti en début d'année chez Larousse dans la collection L'histoire comme un roman, il revient sur un épisode oublié de la conquête coloniale au cours duquel la France et l'Angleterre furent à deux doigts de se faire la guerre (nous revenons largement sur l'événement dans l'article).

http://1.bp.blogspot.com/_TmUPFrRGwMw/S7x_Ne85cMI/AAAAAAAAAug/VLyQoCOzZts/s1600/9782035848321.jpg

- Son "Essai sur la colonisation positive" (le titre de l'ouvrage ne doit pas prêter à confusion) revient sur l'histoire coloniale et souligne sa complexité et sa diversité. Il s'intéresse en particulier à la rencontre, partielle et complexe, entre les Africains et les Européens depuis l'abolition de la traite jusqu'à l'apogée de la domination coloniale au cours de l'entre-deux-guerre. Il y récuse toute vue unilatérale, la propension à juger du passé selon les critères moraux d'aujourd'hui.


Lire la suite sur Samarra.

mercredi 7 avril 2010

1907: les fièvres du Midi rouge.

Les Mutins du 17è installés devant le théâtre de Béziers.


Le Midi viticole traverse une très grave crise économique et sociale dans les premières années du XXème, en raison, principalement d'une surproduction chronique. En 1907, la situation prend un tour politique avec des appels à la grève fiscale et aux démissions des municipalités.


Cette révolte teint en haleine l'opinion publique fascinée par la durée, l'ampleur d'un mouvement unanimement suivi. Elle constitue aussi la dernière grande révolte paysanne en France qui contribue en outre au glissement politique vers la gauche de la région lors des scrutins de 1908 et 1914. Cependant, contrairement à ce qu'affirme une légende tenace, la révolte du Midi n'est ni un mouvement de classe ni un mouvement régionaliste occitan. Il s'agit avant tout d'un mouvement de désespoir lié à la surproduction et à l'effondrement des cours du vin, qui conserve un aspect « républicain » tant par ses participants, ses modes d’action et son issue.


Nous revenons sur ces événements et la chanson que Montéhus compose en hommage aux mutins du 17e sur l'histgeobox.