vendredi 26 juin 2009

Le génocide arménien en BD.


Avant le Génocide des Hereros (un article sur ce blog), des Juifs et le Génocide au Rwanda (voir l'article d'E. Augris sur Samarra), il y eut le Génocide arménien lors de la Première Guerre mondiale. Pour approfondir ce sujet, vous pouvez lire l'article de J.-C. Diedrich à propos d'une BD de Paolo Cossi qui s'intitule "Medz Yeghern, Le grand mal", parue chez Dargaud cette année.


Lire l'article et voir un extrait sur Samarra

mercredi 17 juin 2009

Les esclaves sexuelles de l'armée japonaise.

Un soldat britannique et une "femme de réconfort" libérée.

Les Japonais ont mis en place pendant la guerre un système de prostitution aux armées.

La prise de Nankin par l'armée japonaise, en décembre 1937, est un des plus grands massacres du second conflit mondial: près de 100 000 morts, la plupart après la fin des combats, mais aussi 8000 à 20 000 viols. Cet épisode provoque un tollé dans le monde entier et l'état major de l'armée japonaise prend vite conscience de la nécessité de mettre un terme aux viols qui ruinent l'image de l'armée impériale. Afin aussi de limiter les risques de propagations de maladies vénériennes au sein de l'armée, il est décidé de mettre en place des bordels aux armées.

Photos de "femmes de réconfort".

Le recrutement des prostitués pose problème. Comment s'assurer en permanence d'un nombre suffisant de prostituées?
On recrutait des jeunes femmes, souvent coréennes, soit en les trompant sur leur emploi futur, soit en les achetant à leurs familles, soit en utilisant les réseaux proxénètes déjà existants. Certaines de ces "femmes de réconfort" furent purement et simplement enlevées. Les sévices subis s'ajoutèrent aux souffrances partagées avec les soldats en campagne. Même si ces femmes étaient généralement payées, ce vaste système prostitutionnel, largement sous contrainte, organisé par l'armée à l'échelle d'une région entière, est d'une ampleur sans égale dans le reste du monde en guerre.

L'armée se dote donc, dans les territoires qu'elle occupe, de "maisons de confort", qui sont en réalité des maisons closes. L'armée, la marine, ou des gouvernements locaux dirigent directement ces établissements, en fixant notamment les règlements (heures d'ouverture, interdiction de l'alcool, visites médicales).

Un convoi de "femmes de réconfort".

L'armée japonaise, à partir de 1938, met donc en place un immense réseau de bordels militaires. Parmi les 50 000 à 200 000 prostituées, beaucoup (des Coréennes surtout) peuvent être assimilées à des travailleuses forcées. D'autres (Chinoises, Philippines, Indonésiennes, mais aussi des Néerlandaises installées en Indonésie, alors colonie des Pays-Bas...) furent kidnappées par les militaires, généralement après avoir été violentées; elles furent traitées en esclaves sexuelles.
Ainsi, le cas de la "maison de réconfort" de Samarang, située dans un camp de prisonnier. 35 Hollandaises y furent kidnappées, violées et forcées à la prostitution. Ce fut le seul cas de victimes, après guerre, a aboutir à un procès, qui se tint à Batavia, en 1948.

Leur cas, longtemps presque ignoré, constitue depuis 1990 un contentieux entre le Japon et la Corée du sud. Si Tôkyô a, en 1992-1993, reconnu ses responsabilités et présenté des excuses, l'indemnisation des victimes survivantes et la poursuite des coupables n'ont pas été réglées. Les puissants mouvements de citoyens coréens n'hésitent pas à pratiquer la surenchère, ce qui empêche toute solution définitive à cette douloureuse question.

Planche extraite de"Femmes de réconfort", un manhwa coréen. Etienne Augris nous a présenté cet ouvrage sur Lire-Ecouter-Voir.

Sources:
- "Massacres dans le Pacifique" entretien avec J.L. Margolin, in L'Histoire n°333.
- Jung Kyung-a:"Femmes de réconfort. Esclaves sexuelles de l'armée japonaise.", Au diable vauvert, 2007.

Liens:
- Compte rendu de l'ouvrage de George Hicks consacré aux "femmes de réconfort".
- L'article de Wikipédia consacré aux "femmes de réconfort".
- Les "femmes de réconfort" exigent justice pour toutes les femmes par Ariane Brunet.

* Sur le riche site de la section toulonnaise de la Ligue des Droits de l'Homme:
- "La mémoire armée du Japon."
- "En mémoire des femmes de réconfort".